Temps de Lecture: 3 minutes

Billet d’humeur d’une enfant issue de la campagne devenue une adulte citadine en proie aux contradictions de sa génération

 

Depuis un peu plus de cinq ans, j’ai beaucoup appris sur « l’environnement et le climat ». Affaire du siècle, flygskam(1), jour du dépassement(2), atteintes à la biodiversité(3)… Il est de plus en plus question des impacts des activités humaines sur les milieux et les ressources naturelles, sur le climat, sur les équilibres de la planète. Aujourd’hui, nous le savons, tout cela est dû à une seule des espèces vivantes : l’homo-sapiens dans sa version capitaliste. Espèce qui, contrairement à d’autres, est loin d’être en voie de disparition(4).

Pour résoudre ces problèmes, nous faisons preuve de beaucoup de créativité et d’ingéniosité pour créer des solutions dites « vertes ». Et je ne sais pas pour vous, mais me concernant, plus je creuse le sujet, plus je le trouve complexe et plus je me questionne sur notre capacité à agir (la solastalgie(5) me guète peut-être un peu).  

Un exemple ? Vous vivez à Paris, adorez les tomates, et génial, au marché en ce beau dimanche de mars, il y en avait déjà et d’origine France métropolitaine svp ! 

Deux solutions s’offrent à nous : soit le dérèglement climatique y est pour beaucoup (c’est peu probable, même avec la météo de début 2021, qu’il y ait déjà des tomates produites en France métropolitaine), soit elles ont poussé sous serres. 

Il y a encore quelques années, je me serai arrêtée à ce constat et n’aurai pas acheté de tomates, car « ce n’est pas la saison ». 

Depuis j’ai appris que ces serres pouvaient être alimentées par une énergie de récupération issue de la valorisation énergétiques des déchets, donc « une énergie verte » (en opposition à une énergie carbonée, fossile). Donc le doute pourrait s’installer : si la serre est alimentée par une énergie verte, pourquoi ne pas manger des tomates en hiver ? N’est-ce pas cela le progrès ? Après tout, c’est aussi une solution pour éviter de faire traverser l’Atlantique en bateau ou en avion à des tomates ?

Conclusion intermédiaire : il s’avère utile de déconstruire mes idées reçues (une nouvelle fois !). 

Cela étant-dit, pour réussir à maîtriser nos atteintes à l’environnement, ne peut-on pas penser plus loin que la seule réponse technologique, aussi verte soit-elle ? Ainsi, dans le cas de cet exemple ne peut-on pas se dire que même si ces serres sont alimentées par une énergie décarbonée, il n’est peut-être pas nécessaire de manger des tomates début mars ? Et surtout, plus vaste question, ne peut-on pas utiliser cette énergie pour autre chose ? 

Conclusion finale : il est compliqué de faire ce travail pour chacune de nos actions, chacun de nos gestes, et cela mettrait un terme à toute spontanéité mais ne pouvons-nous pas essayer collectivement et individuellement de faire appel à notre bon sens plutôt qu’à nos pulsions ?  

Précision sur le sens de cet article : je ne suis pas une adepte de la décroissance, dont j’ai dû mal à concevoir la concrétisation et à mesurer l’ensemble des impacts en termes sociaux et sociétaux à l’échelle de la planète. Je crois en une dynamique de transition écologique visant la sobriété dans l’usage de tout ce que nous offre la Terre, ce qui va nécessiter un certain nombre de changements en termes d’optimisation de la consommation des énergies et des ressources, de substitution des énergies fossiles et des matériaux rares, de création de boucles territoriales etc. Aussi, j’ai envie de croire en la transition sociétale pour que les choix qui devront nécessairement être faits, et peut-être plutôt rapidement que nous ne pouvons l’imaginer, ne se fassent pas au détriment de la justice sociale, mais d’une meilleure utilisation des ressources. 

 

(1) « honte de voler » en suédois

(2) Calculé tous les ans par l’ONG Global Footprint Network

(3)Du 3 au 11 septembre 2021, à l’occasion du Congrès Mondial de la nature organisé à Marseille (initialement prévu en 2020), les organisations membres de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), dont des États, la société civile et des peuples autochtones détermineront les questions urgentes à traiter en matière de conservation de la nature et les actions à mettre en œuvre pour y répondre.

(4) Petit aperçu pour la France : https://www.actu-environnement.com/ae/news/liste-rouge-nationale-uicn-especes-menacees-france-37142.php4#xtor=ES-6

(5) Concept théorisé par Glenn Albrecht. https://www.franceculture.fr/environnement/solastalgie-eco-anxiete-les-emotions-de-la-crise-ecologique

 

Crédit photo: Markus Spiske

0
Marie Hommeau

Essaye de faire sa part pour le respect de la liberté, pour obtenir l’égalité, pour préserver l’environnement. Liseuse de livres en papier et addicte aux podcasts féministes, écologistes et philosophiques. Espère maîtriser un jour la position du cobra tout en continuant sa routine chocolat.

Laisser un commentaire