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Depuis mon adolescence, je lutte pour la justice sociale, mais il y a eu dans mon parcours un avant et un après ma rencontre avec le féminisme.

Au lycée et lors de mes études supérieures, mes activités associatives visaient l’égalité des chances et l’accès aux savoirs sous toutes leurs formes, incluant les savoir-faire et les savoir-être. Pur produit de la méritocratie républicaine, je m’activais pour que l’égalité se répande partout, pour que chacun.e ait la possibilité de faire ses propres choix, de vivre sa vie, de participer à faire de la société un système plus juste. Lors de ma vingtaine, je me suis impliquée dans des associations qui concourent à l’économie sociale et solidaire. Fidèle à moi-même, j’essayais de faire bénéficier à des associations des compétences que j’acquérais au travail. J’aimais être dans l’action, dans le faire. C’est donc tout naturellement que j’ai mené ces actions, en réaction à mon propre vécu.

Il m’aura fallu quinze ans d’implications associatives, vingt et un ans passés sur les bancs de l’école avec un parcours 100% public et quatre ans de vie professionnelle pour que je m’implique ouvertement et concrètement pour l’égalité femmes-hommes et contre les violences faites aux femmes.

La rencontre avec le féminisme, ailleurs que dans les livres d’histoire, cette évolution dans mes engagements, a marqué un tournant dans ma vie. Il y a cinq ans à présent que j’ai commencé un vrai processus de déconstruction. Je ne l’ai pas vu arriver. La déconstruction se matérialise avec l’engagement féministe malgré soi. Me concernant, il est loin d’être terminé, et c’est très bien ainsi.

Déconstruire c’est apprendre, ce qui reste ma passion, et se confronter à des moments de profondes douleurs quand on a à revivre des situations traumatisantes ou à comprendre qu’on a pu agir de façon que l’on espère ne jamais reproduire. La déconstruction se fait rarement seule. Elle se fait au contact des autres, de leurs histoires, de leurs expériences. Grâce au féminisme, j’ai découvert une communauté et avec elle, l’écoute, l’entraide, la tolérance, la patience, plus que dans les précédents cercles au sein desquels j’avais pu m’impliquer.

Des centaines de femmes forgent ma réflexion, m’aident à me remettre en question, à évoluer, me donnent l’énergie d’agir au quotidien pour que cessent ces inégalités et ces violences. Ces femmes ont réfléchi, analysé, compris et font le formidable et indispensable travail de transmettre. Je ne serai jamais assez reconnaissante aux femmes d’oser prendre la plume, parler, donner la parole aux autres. Un énorme merci à elles. J’avais entrepris de lister les femmes qui accompagnent ma réflexion et mes actions, mais j’ai trop peur d’en oublier. Merci à Nadège et Laetitia, fondatrices de Libera, de faire leur part à leur tour.

J’espère ne jamais cesser de questionner, ne jamais m’endormir sur mes victoires personnelles, même si cela perturbe et fatigue, nous avons tant à apprendre les unes des autres.

J’ai commencé et recommencé cet article dans ma tête et sur l’ordinateur un nombre incalculable de fois. Il me semblait que tout avait déjà été dit, que mon propos serait creux. Le comble ? Je bouillonne intérieurement depuis des années. Féminisme, environnement, lutte contre le dérèglement climatique, philosophie, inégalités sociales, … Je lis énormément, rares sont les jours où je n’écoute pas un podcast ou une émission à la radio, je manifeste, dénonce, donne, travaille sur ces sujets.

Pour ce premier article, il a fallu savoir choisir, et j’ai essayé de vous expliquer comment la rencontre avec le féminisme a changé ma vie. J’ai fait une autre rencontre en parallèle dont j’espère pouvoir vous parler bientôt (teasing…).

PS : si, comme moi, vous avez besoin de garder les mots encore en vous le temps que les idées se formalisent un peu plus, vous pouvez profiter de la saison deux du confinement pour partager vos sources d’inspirations avec vos proches, et si vous le pouvez soutenir les structures qui agissent pour les causes qui vous tiennent à cœur.

PS 2 : j’attends vos conseils lectures, émissions, performances artistiques en commentaires. Je serai ravie de vous partager en retour ma bibliothèque d’inspirations.

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Marie Hommeau

Essaye de faire sa part pour le respect de la liberté, pour obtenir l’égalité, pour préserver l’environnement. Liseuse de livres en papier et addicte aux podcasts féministes, écologistes et philosophiques. Espère maîtriser un jour la position du cobra tout en continuant sa routine chocolat.

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