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LaPhilantrope,
Incarne une jeunesse vivante, dynamique, créatrice voire excessive.
Ses chansons parlent de fête, d’amour, d’égalité, de sexe, de diversité, et bien d’autres sujets.

Un univers Queer accessible, ouvrant l’esprit à la différence tout en faisant danser.
L’essentiel est de permettre au public d’oublier, de s’évader.
Leitmotiv de ce projet : désir, beauté, compréhension, chaleur, partage


Bonjour LaPhilantrope. Peux-tu te présenter ? 

Moi c’est LaPhilantrope, j’ai 23 ans et je suis auteur, compositeur et interprète. 


D’où te vient l’idée de ce projet ? Quel a été ton déclic pour te lancer?

Je me suis toujours dit que j’allais faire de la musique un peu comme une fatalité. J’ai eu beaucoup de projets acoustiques autour de mes compositions et de la discographie de Brassens.

Fin 2019, j’ai déménagé à Lyon, j’ai rencontré mon copain qui est artiste et qui m’a fait réaliser que c’était déjà mon métier, seulement je ne le considérais pas encore comme tel. J’ai donc beaucoup réfléchi, notamment au fait que dans le milieu de la musique on ne peut pas attendre que les choses nous tombent dessus mais qu’il faut se créer les opportunités. J’ai décidé de me lancer réellement quelques semaines avant le confinement. J’avais d’ailleurs des chansons qui étaient prêtes depuis longtemps. Je me suis vite rendu compte qu’un album c’est beaucoup de travail et pour être signé par un label il vaut mieux produire une EP avant. Donc j’ai décidé de sortir un EP sur lequel je travaille depuis plus d’un an, qui sortira début juillet.

 

Pourquoi le nom LaPhilantrope ? 

Je réfléchissais à un nom d’artiste avec un très bon ami de mes études de graphisme et il m’a suggéré « LaPhilantrope » sans même savoir le sens du terme. Une fois lui avoir expliqué, j’ai acquiescé, il m’a fait un dessin, je me suis fait tatouer ce blase avec une faute d’orthographe (rires) (ndlr: s’écrit philanthrope), puis c’était acté. Aujourd’hui la philanthropie a été dévoyée, on imagine des vieux riches/milliardaires qui se retrouvent pour un grand banquet et qui donnent de l’argent pour des oeuvres caritatives alors qu’à la base la philanthropie c’est donner de soi et ça, ça me parle.


Comment te vient l’inspiration pour tes textes ? 

Les femmes. Toutes mes chansons parlent des femmes. Elles parlent aussi de ma vie, de moi, mon vécu, des rencontres que je fais. Je vois des choses que les autres ne voient pas forcément et j’en fais des chansons, ça peut être simplement une sensation ou une émotion. Parfois mes rimes n’ont pas de sens pour les autres mais dans mon cerveau cela a un sens très précis (rires).

 

Est-ce qu’il y a des femmes qui t’ont marqué en particulier ? 

La personne avec qui je suis. Également, des femmes que je n’ai pas rencontré comme Frida Kahlo.

Mais ce qui m’interpelle ce ne sont pas forcément des femmes en particulier mais une des facettes chez une telle. Pour moi chaque être humain est particulier donc je ne pourrais jamais retrouver exactement la même facette chez deux êtres différents. Donc je m’attache vraiment à des facettes particulières.

 

On entend un mélange de styles dans tes morceaux, quelles sont tes influences ? 

Vu que mon père est musicien, il a toujours dit “je ne dois être influencé par personne”. Je n’ai pas l’impression d’être influencée par d’autres artistes, je suis influencée par différentes formes de liberté.

Par exemple dans les soirées Queer il y a une liberté de corps, de la nudité, un réel libre arbitre de qui l’on veut être. On le retrouve dans mes clips par exemple. La liberté de corps est très importante pour moi et dans ce projet. 

La sensation, que les tambours de musiques traditionnelles, qui se forment dans le ventre au point d’en avoir envie de vomir. Ça prend un genre d’ampleur surréaliste, de transe.

Et la chaleur, le « caliente » du reggaeton, celui qui fait bouger son bassin jusqu’au lever du jour.

J’aime beaucoup de musiques différentes alors je dirais que les 3 styles, qui ont inspiré mes compositions, sont la musique celte, très prenante, la chaleur du reggaeton et l’electro des soirées queer.

 

Dans ta chanson “L’été tout est permis” tu mentionnes l’importance de rêver, de jouer, de faire la fête. Quelle place ont ces choses-là dans ta vie ? Souhaites-tu faire passer un message particulier avec cette chanson que tu sors dans un contexte où cela fait plus d’un an qu’il nous est justement difficile de rêver, jouer ou faire la fête? 

Dans ma vie normale, qui n’est plus du tout d’actualité (à cause de la pandémie) je faisais tout le temps la fête. Je pouvais partir à une soirée et revenir chez moi 3 semaines après parce que j’étais chez des ami.e.s donc faire la fête était primordiale dans ma vie.

On travaille les ¾ de notre vie, on a donc besoin de lâcher prise en tant qu’humain peu importe la façon. On fait tou.te.s la fête de façon différente : certaines personnes en lisant, d’autres en étant tout.e nu.e.s sur une table. Faire la fête c’est une nécessité pour tou.te.s.

Les bars, boites, lieux culturels qui ferment, c’est révoltant car on enlève des revenus à des personnes qui en ont besoin mais on enlève ce moyen qu’a notre population de lâcher prise, d’évacuer. 

Toute cette pandémie a été tellement brutale que maintenant je me retrouve à avoir peur de sortir alors qu’avant j’adorais voir du monde et faire la fête. Donc les membres du gouvernement nous privent de nos lâcher prise mais en parallèle vont faire des soirées et des somptueux repas dans des restaurants luxueux sans aucun geste barrière (soupirs). Je pense qu’on aurait pu avoir un entre deux, qui n’a pas été le choix fait par le gouvernement français contrairement à d’autres pays qui ont essayé de gérer la crise sanitaire le plus rapidement possible pour revenir à une vie normale.

Certaines personnes ont essayé de faire la fête à distance mais pour moi faire la fête c’est sortir de chez soi, rencontrer de nouvelles personnes. Il y a eu une énorme consommation de drogue et d’alcool chez soi à cause des confinements, qui a un côté plus déprimant que lorsque ça a lieu dans un cadre social d’après moi.

“L’été tout est permis” parle de la facilité à passer d’une drogue à une autre, comment on passe de fumer un pétard à faire n’importe quoi sans respecter qui que ce soit et soi-même en ayant l’impression d’avoir passé un bon moment.

Ce morceau reste aussi un hymne à faire la fête par son instru, mais ne parle pas que de ça.


La musique est-elle pour toi une manière de plus de militer ?

La musique c’est militant. Tout est politique et militant, il faut arrêter de dire que des choses ne sont pas politiques. C’est tout bête mais une femme qui sort en pantalon c’est politique parce que pour certaines personnes et dans certain pays c’est encore condamnable.

Parfois certaines personnes ne revendiquent pas être militant.e et c’est un droit. Par une partie de la population ce n’est pas bien vu d’avoir un opinion politique, parce que ça revient à prendre position et beaucoup disent ne pas prendre position. Mais à travers LaPhilantrope je veux parler de ma communauté et ouvrir le milieu Queer. Nos soirée Queer sont safe,  et je trouve important que des personnes hétéros ou cis puissent venir à ces soirées parce que l’aspect safe est une valeur importante qui doit apparaitre partout et pour tout.

Si tous les mecs peuvent se mettre torse nu en plein festival l’été, alors pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas le faire également?

Ma musique est aussi politique parce que les ¾ de mes chansons parlent du fait que j’aime les femmes et pour l’instant l’homosexualité reste un délit condamnable dans beaucoup de pays.

 

Comment peut-on amener ces valeurs qui existent dans la culture queer comme les espaces safes et la bienveillance, dans les espaces mainstream ? 

Pour moi tout passe par l’éducation, la communication et la déconstruction. Il faut aussi qu’on expérimente des choses pour que ce soit normalisé. Plus tu pratiques ou côtoi.e.s quelque chose qui ne t’es pas habituel, plus tu l’acceptes. Si j’arrive sur scène dénudée, je vais expliquer pourquoi et informer. Plus tu communiques, plus ton public va être au courant.

Avoir une bonne sécurité aussi c’est primordial. Je sais aussi qu’en étant une meuf à poil sur les réseaux sociaux et faisant de la musique je vais attirer certaines personnes qui ne sont pas déconstruites et je pense que c’est de mon devoir de les informer. C’est important d’expérimenter, de déconstruire et si c’est mal fait ça se corrige pour recommencer.

 

Regardez le nouveau clip de LaPhilantrope à partir du 2 juin 2021 à 20h

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La Philantrope

Originaire de Sète, Léo baigne dans la musique et principalement dans celle de Brassens. Après des répertoires de composition et de reprise de Brassens acoustique, LaPhilantrope née en 2016. De là démarre l’apprentissage de plusieurs instruments (piano, basse, percussion...). Un projet qui se concrétise aujourd’hui avec ce premier EP.

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